
Lorsque L’UCI a
accordé, à l’automne dernier, une licence pour la tenue d’une Coupe des Nations
Espoir à Ville de Saguenay, le cycliste, David Maltais, a aussitôt donné mon nom comme bénévole. David nous raconte son expérience en équipe de France U23!
par David Maltais - david.maltais@tourdequebec.comÉvidemment, une course cycliste internationale passant à 50 mètres de ma
résidence était un motif suffisant pour que j’embarque dans l’aventure
pour aider au succès de l’événement. Une semaine avant le départ de la première
étape, je n’avais toujours aucune idée de mon rôle dans l’organisation, jusqu’à
ce que l’organisateur Roger Fillion me téléphone : « David, ça te dit
de donner un coup de main à l’équipe de France durant toute la semaine ?
J’ai pensé à toi, étant donné que tu es un coureur, ça te ferait une belle
expérience ! » J’ai accepté aussitôt.
Ma semaine
semi-exotique a commencé mardi dernier, alors que les coureurs voulaient aller
reconnaître certains des parcours. J’ai donc servi de guide durant deux jours.
Bien que grippé et affaibli, j’ai fait de mon mieux pour suivre dans les
difficultés, puisque ces coureurs, même la veille d’une course de quatre jours,
sont capable d’ouvrir la machine jusqu’à m’en faire baver ! Outre cette
souffrance, nous avons bien rigolé et j’ai découvert des garçons qui savent
rester humbles et accessibles malgré leurs succès sportifs, ce qui n’est pas
toujours le cas même ici, sur le circuit provincial...
Vient ensuite la
compétition dès jeudi. Mon rôle dans l’équipe au fil des jours serait en fait
celui de mécanicien, puisque j’étais chargé de dépanner les coureurs si un bris
mécanique survenait sur le vélo durant la course. Je n’avais jamais fait cela
auparavant. N’étant pas un expert en mécanique, mon rôle d’entretien consistait
simplement à laver les vélos avec le directeur sportif, m’occuper du transport
du matériel, etc. Il a longtemps que je voulais jouer ce rôle sur une course,
c’était donc l’occasion parfaite pour débuter !
J’ai donc suivi
toutes les étapes dans la voiture du directeur sportif, assis sur le siège
arrière avec mes amies les roues à côté de moi. Bien que la majorité du temps,
ce boulot soit assez relax, j’ai tout de même vécu quelques moments excitants.
Tout d’abord, le fait de suivre la course avec radio-tour rend le parcours
beaucoup plus intéressant. Les discussions des coureurs avec le directeur
sportif, les entendre parler stratégie, tout cela m’en a fait apprendre
beaucoup sur la course. Suivre les coureurs au contre-la-montre du samedi soir
fut également une expérience assez spéciale. Voir un coureur ouvrir la machine
sur 8 kilomètre est toujours impressionnant (et, par expérience, beaucoup moins
douloureux dans la voiture que sur le vélo). Finalement, l’équipe n’a fait
qu’une seule crevaison, je ne me suis donc exercé que très peu, mais j’ai fait
du bon boulot en effectuant la réparation en moins de 15 secondes.

Tous ces moments ont
fourni une bonne décharge d’adrénaline, tout comme la conduite supposément
« sécuritaire » du directeur-sportif, mais j’ai aussi réalisé que,
bien que ma saison n’est pas superbe jusqu’ici, je préfère tout de même faire
la course sur le vélo et non dans la voiture. L’expérience m’a motivé, m’a
appris à bien laver un vélo (hey oui !), m’a fait découvrir une toute
autre mentalité cycliste en plus de connaître plein de bonnes personnes avec
qui je garderai contact. J’ai aussi eu la satisfaction de voir qu’aucun bris
mécanique n’a eu lieu durant la semaine, qu’aucun coureur ne s’est plaint de
l’état de son matériel. Aurais-je trouvé ma vocation ? Non, je n’irais pas
jusqu’à prétendre de telles choses. Par contre, bien que je préfère courir, je
ne dis pas non à d’éventuelles nouvelles expériences occasionnelles comme
mécano sur des courses par étapes, puisque le moment passé dans l’ombre des
champions m’a aussi permis de découvrir l’envers de la médaille. Le temps d’une
semaine, j’ai intégré le monde de ceux qui travaillent de 8 heures du matin à 8
heures du soir, et même plus parfois, pour que les coureurs puissent compter
sur une monture impeccable pour les mener jusqu’au sommet du podium et ce, à
chaque fois qu’une ligne d’arrivée les attend, quelques heures plus tard.
Outre plusieurs top
5 d’étape dont un podium, l’équipe de France a remporté le classement par
équipe de cette première Coupe Des Nations à être présentée à l’extérieur de
l’Europe. Elle repart donc au pays après avoir fait le plein de points UCI
suite à cette victoire dans le classement le plus « payant » qu’on
puisse obtenir dans une Coupe Des Nations. De mon côté, je rentre à la maison
avec une casquette et un t-shirt de l’équipe de France, mais surtout avec une
expérience que je ne suis pas prêt d’oublier.
Photo 1: Logo Coupe des Nations - www.coupedesnationssaguenay.com
Photo 2: Équipe de France - Louis Mazerolle